L’histoire du Hit Club de LAPUGNOY

L’aventure Hit club

 

 

C’est une époque que les moins de 40 ans ne connaissent pas. Et que les plus de 40 ans ne sont pas près d’oublier. Le Hit club. Des gens venaient de Paris et de Belgique pour y danser. « C’était LA boîte branchée, la référence de la région, on était marqué par le son, par le monde. C’était incroyable », raconte DJ Eric NC, un animateur de la radio WRPL, que le patron, Joël Ponchel, avait créée à côté. Les soirées y étaient diffusées en direct, entraînant aussi ceux qui ne pouvaient pas sortir.

Début 80, Joel Ponchel (dirigeant d’une entreprise spécialisée dans la démolition) crée le Hit Club, une discothèque construite sur le site de l’étang du #Bois-des-Dames à #Lapugnoy. Avec ses deux salles et sa capacité de pouvoir accueillir 800 personnes, le #Hit-Club devient la plus grosse boîte du bassin minier, un club référence en matière de disco & funk, et lieu incontournable pour tout night-clubber qui se respecte.

 

La discothèque était équipée d’un podium, c’était une innovation ! d’un light-show unique avec laser multi-couleur, une énorme boule à facettes (1m de diamètre), sans oublier la sono : une puissance gagnée par l’installation d’un « sound system » de marque Cerwin vega et Altec. La cabine était équipée d’une table de studio de marque Power. Le podium de verre est monté sur verins hydrauliques et conçu par l’ingénieux Michel ponchel.

Plusieurs DJs renommés se succèdent dans ce club mythique : Patrick T., Dan G., Chris Firman… Tous d’excellents mixers et animateurs.

Le hit s’offre également les services d’un light-jockey (c’est l’une des premières boite en France à le faire).

 

Les soirées du samedi du hit club sont diffusées en live sur #WRPL qui est une radio locale FM créée par le patron du club (les locaux de la radio ont été construits à coté de la discothèque et communiquent… par les toilettes !). En 1981, le Hit Club produit un 45 tours dont le titre disco est chanté par #Patricia-Perle (1) (il s’agissait d’une opération de marketing pour assurer la promotion de la #discothèque).

Le Hit organise également des concerts de #Delegation et de #Boys-town-gang réunissent une foule monstre et près de 300 personnes se voient refuser l’entrée.

Le hit club ferme ses portes fin 1987, mettant dans la foulée un terme à son vis-à-vis hertzien (WRPL était surnommée « la radio du Hit »).

Quelques anecdotes : j’ai rencontré beaucoup d’anciens clients qui ont vécu l’ambiance de folie de ce club, des débuts de soirées « spectaculaires » son et lumière  (décollage d’un vaisseau spatial). Patrick, le DJ, accoutré d’une « combinaison de cosmonaute » (comme dans les Bogdanoff dans l’émission Temps X), mixait dans une cabine complètement isolée et équipée d’une régie à la pointe de la technologie (3 Technics SL1200 MK2, table de mixage multipistes d’un mètre le large, machines à jingles, chambre d’écho et modificateur de voix, limiteurs et compresseurs et j’en passe…).
Les gens surnommaient le Hit club « l’usine », sa fréquentation provoquait de gigantesques files de voitures garées dans le Chemin du Bois des Dames et dans les rues longeant la voie ferrée. Du jamais vu à Lapugnoy !

Coté étang (accessible au personnel et aux visiteurs de la radio), on pouvait y voir un vautour dans une immense cage (assister à son repas était assez impressionnant). Parfois quelques spécimens d’une basse-cour rendaient visites inopportunes aux animateurs de la radio.
Pour son DJ, le patron du Hit avait fait l’acquisition d’une grosse voiture américaine repeinte à l’aérographe et logotypée avec des effets de flamme.

Racheté après sa fermeture, à la fin des années 1980, le Hit club est resté un bâtiment abandonné où des gens viendraient parfois « se recueillir ».

 

Le club branché

« LA » boîte branchée des années 80 était donc à Lapugnoy. Le week-end, « il y avait des voitures jusqu’au centre-ville, les gens faisaient parfois la queue plusieurs heures », se souviennent des Punéens. Voire plusieurs heures de route. Ou de marche à pied à travers le bois des Dames.

« On a eu le premier laser multicolore de France, on a été parmi les premiers à avoir un écran vidéo. »

« Techniquement, on était avant-gardiste, on a eu le premier laser multicolore de France, on a été parmi les premiers à avoir un écran vidéo », explique DJ Patrick. Des idées pêchées au Discom, le salon des professionnels de la nuit, à Paris. Il y avait aussi cette scène en verre lumineux « à la saturday night fever ». « Elle était montée sur des vérins hydrauliques de camion. Je pouvais la surélever », poursuit-il, des paillettes dans les yeux. Et cette ambiance…
La folie…

Bruit de réacteurs de fusée en train de décoller. Compte à rebours. Une soucoupe volante entourée de lumière descend doucement. C’est parti ! La soirée commençait. Aux platines, très souvent, un disc jockey en combinaison de cosmonaute « pour faire discothèque de l’an 2000 » : DJ Patrick. Sa spécialité : le disco et le funk. Et les animations. Classiques, comme des concerts, avec des vedettes, le groupe américain de doo-wap The Platters, Tina Charles, Plastic Bertrand, Richard Anthony, etc. Mais ça n’explique toujours pas cette ambiance « incroyable »…
… furieuse

Impossible d’expliquer cette « folie furieuse ». Un rapport avec l’orang-outan et le vautour qui surveillaient les arrières de la boîte ? Avec la personnalité du patron, large chapeau et voiture américaine floquée d’une flamme et du logo du club ? Les animations elles aussi avant-gardistes ?
Racheté après sa fermeture, à la fin des années 1980, le Hit club est resté un bâtiment abandonné où des gens viendraient parfois « se recueillir ».

Halloween et les zombies n’étaient pas encore à la mode quand le Hit club organisait ses soirées horreur. « Des monstres sortaient de dessous la scène dans le brouillard, les gens hurlaient, essayaient de s’enfuir », se souvient DJ Patrick. Il y avait aussi des soirées western, body paintin ou jeu. « On faisait essayer des jeans, si ça allait, la personne repartait avec », par exemple.

« Tout le monde se connaissait. Je ne sais pas, je n’ai jamais retrouvé cette ambiance après. Si, en Belgique peut-être », s’étonne encore le DJ cosmonaute. La « grande aventure » de sa carrière le Hit club.
Le DJ cosmonaute

Il parle de « rencontre avec le Hit ». Un dimanche soir. À l’époque, Patrick Trinel travaillait au Globe, une discothèque de Béthune. Il a commencé à mixer là, un peu par hasard. Il aimait la musique, sortir, au Globe surtout. « Je m’ennuyais un peu, tous les copains étaient fiancés. Le DJ était parti, je l’ai remplacé pour rendre service », sa carrière était lancée. Ses premières impressions du Hit club ? « Wouah, quelle boîte ! » Mais « il n’y avait presque personne et le DJ ne passait pas les disques qu’on demandait », il s’en plaint au patron, qui l’embauche la semaine suivante.

Record d’endurance : 144 heures, soit six jours et six nuits, à mixer.

 

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